Die Kluge – l'histoire du roi et de la sage femme

« Aucune trace d’opéra ne doit subsister dans "die Kluge". » (Heinz Tietjen)[1]

Dès le milieu de l’année 1938  Carl Orff travaille aux scènes initiales d’un conte qui contrasterait avec son œuvre précédente "Der Mond". Pour cela, il élabore différentes versions textuelles et musicales. L’ouvrage intitulé "Deutsche Sprichwörter" de Karl Simrocks (1846) dont Orff se sert comme support pour concevoir un passage de l’histoire – les trois énigmes formulées par le roi –, constitue la principale source d’inspiration pour la conception dramaturgique de l’œuvre. Ce recueil de "Proverbes allemands" pleins de truculence stimule l’esprit créatif du compositeur qui y trouve aussi des correspondances avec ses conceptions musicales.[2]

 

(Photo de scène, Tokyo,1958)
(Affiche d’Helmut Jürgens pour la première à la Städtische Bühnen de Francfort/Main, 1943)
(Scénographie, dessin d’Helmut Jürgens pour la première, Francfort/Main 1943)

 

Si "Carmina Burana" a permis à Carl Orff d’affiner son style musical, "Die Kluge" lui permet de définir son style dramaturgique. Il combine une langue sèche à un style musical abrupt afin de créer une forme théâtrale de la représentation qui ne détaille par les personnages, mais en propose plutôt une esquisse.Ceci explique l’importance d’un texte au style linguistique si particulier. L’ensemble est conçu avec une efficacité dramaturgique charnue et vivante : emploi du style direct, construction syntaxique brève, jeux dialogués antithétiques, pertinence du choix des mots, et recours à des vers de mirliton qui confèrent au texte un style de jeu populaire. 
Conçu par Orff, le libretto de la pièce réunit les éléments du conte, du théâtre populaire et de la comédie bavaroise en un jeu sur le sens empreint de joie et de gravité. [3]

 

(Scénographie, dessin d’Helmut Jürgens, 1943)
(Carl Orff, 1939; photo : Madeline Winkler-Betzendahl, Deutsches Theatermuseum de Munich)
(Photo de scène, Tokyo, 1958)

 

La première représentation est couronnée de succès. Au lendemain de la guerre, cette pièce est la plus acclamée après "Carmina Burana". Traduite dans plus de vingt langues, elle est inscrite au répertoire de plusieurs théâtres.[2]

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[1] Heinz Tietjen nach CO-Dok V,208; [2] Werner Thomas in: Pipers Enzyklopädie des Musiktheaters, Band 4, München 1991, S.581 ff.; [3] Franz Willnauer in: CO-Dok V,119
Photos: 1-5 OZM; 6 Madeline Winkler-Betzendahl, Deutsches Theatermuseum München
Audio: Wolfgang Sawallisch - EMI 653763712-2

Die Kluge - »Strolchszene«
Extrait d’une mise en scène du théâtre de marionnettes de Munich

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Die Kluge, 9e scène

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