Œuvre artistique

«  Vous êtes né musicien dramaturge. La scène est votre terrain de jeu. »[1] (Curt Sachs)

(Carl Orff, 1939)
(Carl Orff, 1939)

   

« J’eus la fortune de me rendre chez un antiquaire de Würzbourg qui possédait un recueil dont le titre "Carmina Burana" me fascina immédiatement » écrit Carl Orff à propos de la découverte du manuscrit de l’abbaye de Benediktbeuern qui inspira son chef-d’œuvre. Parmi ces poèmes médiévaux, Orff sélectionne une vingtaine de chants d’inspiration élégiaque, pastorale et bachique pour servir de livret à une des cantates scéniques les plus célèbres de l’histoire du théâtre musical.      

Le conte, « fille joyeuse du mythe », constitue une source d’inspiration inépuisable pour le compositeur. Orff s’inspire du conte des frères Grimm "Der Mond" pour en créer une première version intitulée "Kleines Welttheater". C’est une nouvelle fois chez les frères Grimm que le compositeur trouve son souffle créateur pour l’opéra "Die Kluge", où le langage occupe cette fois une place plus importante.

Il développe son expression en écrivant la pièce "Die Kluge" inspirée d’un recueil de contes populaires paillards de 1846.


« Le langage constitue l’élément fondamental de mes compositions scéniques. C’est la parole qui est à l’origine de "die Bernauerin" », déclare le compositeur.
Dans "Astutuli", comédie bavaroise parlée qui raille la bêtise bourgeoise, l’instant musical est contenu dans le langage rythmique. Les œuvres "Comoedia de Christi Resurrectione - Ein Osterspiel" et "Ludus de Nato Infante Mirificus - Ein Weihnachtsspiel" font la part belle au dialecte bavarois. 



En 1949, "Antigone" est présentée pour la première fois lors du festival de Salzbourg. Orff travaille sur l’œuvre de Sophocle à partir de la traduction de Friedrich Hölderlin, dont il s’éprend de la langue impétueuse. Avec "Antigone" il crée une toute nouvelle forme de théâtre musical qu’il déploie avec "Œdipe", conçu à partir d’une traduction d’Hölderlin également. Par la suite, « seule une œuvre telle que "Promethée" d’Eschyle pouvait poursuivre cette progression », affirme Carl Orff. La représentation de l’année 1968 est célébrée comme un événement dans l’histoire du théâtre, malgré l’incompréhension qu’elle suscite. 

Carl Orff achève son existence artistique avec son œuvre la plus personnelle, "De Temporum Fine Comoedia", littéralement "la Fin des Temps".

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[1] Curt Sachs nach CO-Dok II,14
Photo : OZM

Extrait de Carmina Burana 1975

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Musique

Foto: Madeline-Winkler Betzendahl, Deutsches Theatermuseum München

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